Le PGE reste une dette à rembourser
Le prêt garanti par l’État (PGE) a été mis en place pendant la crise sanitaire afin de soutenir la trésorerie des entreprises. Il ne s’agit pas d’une subvention : l’entreprise doit rembourser le capital emprunté, ainsi que les intérêts et le coût de la garantie.
La garantie de l’État protège principalement la banque, et non l’emprunteur. En cas de défaut, la banque peut demander la mise en jeu de la garantie selon les conditions prévues, mais elle conserve la possibilité de réclamer à l’entreprise les sommes restant dues. Un dirigeant ne doit donc pas attendre les premières échéances impayées pour agir.
Commencer par négocier avec la banque
La première démarche consiste à contacter rapidement l’établissement prêteur, idéalement avant toute échéance rejetée. La banque peut examiner la situation financière de l’entreprise et étudier un aménagement du remboursement, selon sa politique de risque et la capacité réelle de l’emprunteur.
Pour préparer l’échange, il est utile de réunir :
- un état actualisé de la trésorerie et des dettes ;
- un prévisionnel de trésorerie sur au moins 12 mois ;
- les comptes annuels et les déclarations fiscales disponibles ;
- un échéancier de l’ensemble des emprunts, dettes fiscales et dettes sociales ;
- un plan d’action expliquant comment l’activité peut retrouver son équilibre.
Une demande précise et documentée a davantage de chances d’aboutir qu’une simple demande de report sans explication. L’objectif peut être de revoir temporairement le calendrier, de réduire la charge mensuelle ou de coordonner le PGE avec les autres financements professionnels.
Le rééchelonnement du PGE dans les situations les plus tendues
Lorsque l’entreprise rencontre des difficultés mais reste viable, un rééchelonnement peut être recherché. Le dispositif spécifique de restructuration des PGE, mis en œuvre avec l’appui de la Médiation du crédit, a notamment permis à certaines petites entreprises de bénéficier d’un allongement de la durée de remboursement, dans la limite pouvant aller jusqu’à dix ans selon les conditions applicables et l’accord des parties.
Cette solution n’est pas automatique. Elle suppose d’établir que l’entreprise connaît une difficulté de remboursement tout en présentant des perspectives de poursuite d’activité. La banque analyse notamment le niveau d’endettement, les flux de trésorerie, la rentabilité prévisionnelle et les autres créanciers.
Un allongement réduit généralement le montant de chaque échéance, mais peut augmenter le coût total du crédit. Il faut donc comparer l’effort mensuel obtenu avec les intérêts supplémentaires et les éventuelles commissions.
Faire appel à la Médiation du crédit
La Médiation du crédit aux entreprises, placée auprès de la Banque de France, peut être saisie gratuitement lorsqu’une entreprise rencontre une difficulté avec sa banque ou avec un assureur-crédit. Elle intervient notamment en cas de refus de financement, de rupture de crédit ou de désaccord sur une restructuration.
La saisine s’effectue en ligne sur le site officiel de la Banque de France, à l’adresse mediation-credit.banque-france.fr. Le médiateur départemental examine la situation et peut faciliter le dialogue avec les établissements financiers. Cette démarche ne remplace pas un plan de redressement : elle aide à rechercher une solution négociée à partir d’informations financières vérifiables.
Ne pas oublier les procédures de prévention des difficultés
Si les difficultés dépassent le seul remboursement du PGE, le dirigeant peut se rapprocher du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire compétent pour étudier une procédure préventive. Le mandat ad hoc et la procédure de conciliation permettent de négocier avec plusieurs créanciers, sous certaines conditions, avant une cessation des paiements.
Lorsque l’entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible, la déclaration de cessation des paiements doit être examinée rapidement avec un professionnel. Attendre aggrave souvent les dettes et réduit les marges de négociation. Un expert-comptable, un avocat en droit des affaires ou un conseiller de la Chambre de commerce et d’industrie peut aider à qualifier la situation et à choisir la procédure adaptée.
FAQ : remboursement et difficultés liées au PGE
Peut-on suspendre seul les échéances d’un PGE ?Non. Une suspension ou une modification du contrat doit être acceptée par la banque. Cesser unilatéralement de payer expose l’entreprise à des impayés et à des frais supplémentaires.
L’État rembourse-t-il directement le PGE à la place de l’entreprise ?Non. La garantie publique est accordée à la banque dans les conditions prévues par le dispositif. Elle n’efface pas la dette de l’entreprise.
Une entreprise en difficulté peut-elle encore obtenir un financement ?C’est possible dans certains cas, mais la décision dépend de la viabilité du projet, de la situation financière et des garanties disponibles. Un plan de trésorerie réaliste est indispensable.
Quand demander de l’aide ?Dès l’apparition d’un décalage de trésorerie ou avant le premier impayé. Plus les démarches sont précoces, plus l’entreprise conserve de solutions : négociation bancaire, médiation, conciliation ou accompagnement spécialisé.
Fonds de relance
Isabelle
Le PGE reste une dette à rembourser
Le prêt garanti par l’État (PGE) a été mis en place pendant la crise sanitaire afin de soutenir la trésorerie des entreprises. Il ne s’agit pas d’une subvention : l’entreprise doit rembourser le capital emprunté, ainsi que les intérêts et le coût de la garantie.
La garantie de l’État protège principalement la banque, et non l’emprunteur. En cas de défaut, la banque peut demander la mise en jeu de la garantie selon les conditions prévues, mais elle conserve la possibilité de réclamer à l’entreprise les sommes restant dues. Un dirigeant ne doit donc pas attendre les premières échéances impayées pour agir.
Commencer par négocier avec la banque
La première démarche consiste à contacter rapidement l’établissement prêteur, idéalement avant toute échéance rejetée. La banque peut examiner la situation financière de l’entreprise et étudier un aménagement du remboursement, selon sa politique de risque et la capacité réelle de l’emprunteur.
Pour préparer l’échange, il est utile de réunir :
- un état actualisé de la trésorerie et des dettes ;
- un prévisionnel de trésorerie sur au moins 12 mois ;
- les comptes annuels et les déclarations fiscales disponibles ;
- un échéancier de l’ensemble des emprunts, dettes fiscales et dettes sociales ;
- un plan d’action expliquant comment l’activité peut retrouver son équilibre.
Une demande précise et documentée a davantage de chances d’aboutir qu’une simple demande de report sans explication. L’objectif peut être de revoir temporairement le calendrier, de réduire la charge mensuelle ou de coordonner le PGE avec les autres financements professionnels.
Le rééchelonnement du PGE dans les situations les plus tendues
Lorsque l’entreprise rencontre des difficultés mais reste viable, un rééchelonnement peut être recherché. Le dispositif spécifique de restructuration des PGE, mis en œuvre avec l’appui de la Médiation du crédit, a notamment permis à certaines petites entreprises de bénéficier d’un allongement de la durée de remboursement, dans la limite pouvant aller jusqu’à dix ans selon les conditions applicables et l’accord des parties.
Cette solution n’est pas automatique. Elle suppose d’établir que l’entreprise connaît une difficulté de remboursement tout en présentant des perspectives de poursuite d’activité. La banque analyse notamment le niveau d’endettement, les flux de trésorerie, la rentabilité prévisionnelle et les autres créanciers.
Un allongement réduit généralement le montant de chaque échéance, mais peut augmenter le coût total du crédit. Il faut donc comparer l’effort mensuel obtenu avec les intérêts supplémentaires et les éventuelles commissions.
Faire appel à la Médiation du crédit
La Médiation du crédit aux entreprises, placée auprès de la Banque de France, peut être saisie gratuitement lorsqu’une entreprise rencontre une difficulté avec sa banque ou avec un assureur-crédit. Elle intervient notamment en cas de refus de financement, de rupture de crédit ou de désaccord sur une restructuration.
La saisine s’effectue en ligne sur le site officiel de la Banque de France, à l’adresse mediation-credit.banque-france.fr. Le médiateur départemental examine la situation et peut faciliter le dialogue avec les établissements financiers. Cette démarche ne remplace pas un plan de redressement : elle aide à rechercher une solution négociée à partir d’informations financières vérifiables.
Ne pas oublier les procédures de prévention des difficultés
Si les difficultés dépassent le seul remboursement du PGE, le dirigeant peut se rapprocher du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire compétent pour étudier une procédure préventive. Le mandat ad hoc et la procédure de conciliation permettent de négocier avec plusieurs créanciers, sous certaines conditions, avant une cessation des paiements.
Lorsque l’entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible, la déclaration de cessation des paiements doit être examinée rapidement avec un professionnel. Attendre aggrave souvent les dettes et réduit les marges de négociation. Un expert-comptable, un avocat en droit des affaires ou un conseiller de la Chambre de commerce et d’industrie peut aider à qualifier la situation et à choisir la procédure adaptée.
FAQ : remboursement et difficultés liées au PGE
Peut-on suspendre seul les échéances d’un PGE ?Non. Une suspension ou une modification du contrat doit être acceptée par la banque. Cesser unilatéralement de payer expose l’entreprise à des impayés et à des frais supplémentaires.
L’État rembourse-t-il directement le PGE à la place de l’entreprise ?Non. La garantie publique est accordée à la banque dans les conditions prévues par le dispositif. Elle n’efface pas la dette de l’entreprise.
Une entreprise en difficulté peut-elle encore obtenir un financement ?C’est possible dans certains cas, mais la décision dépend de la viabilité du projet, de la situation financière et des garanties disponibles. Un plan de trésorerie réaliste est indispensable.
Quand demander de l’aide ?Dès l’apparition d’un décalage de trésorerie ou avant le premier impayé. Plus les démarches sont précoces, plus l’entreprise conserve de solutions : négociation bancaire, médiation, conciliation ou accompagnement spécialisé.